Léonie CREVEL une peine de deux ans avec sursis.
C’est une histoire douloureuse et pathétique. Le chemin de croix d’une mère, qui s’est dévouée toute sa vie à sa fille lourdement handicapée. Comment incriminer cette vieille femme épuisée, rompue à la fatigue et à la souffrance et, pourtant, ayant délibérément tué son enfant, qui elle, ne souhaitait pas mourir. C’est un cas qui sort du contexte de « l’euthanasie réclamée, choisie» mais qui reste malgré tout singulier, de par son contexte. La question fondamentale est : « Peut on supprimer la vie d’un handicapé, car nous sommes épuisés et devenons impuissants face à ce qu’il est devenu ? ». La réponse pour moi est « non ». Nous savons où cela peut conduire et ce que certains en avaient conclu, dans les heures sombres de l’histoire…..« L’âge» de cette femme est la circonstance atténuante de son acte. Mais la réalité est bien là. Elle a mis un terme à son propre calvaire et à sa lassitude. Cette femme souffrait terriblement de voir sa fille entrer en crise d’épilepsie de plus en plus fréquemment en hurlant de plus en plus fort, tout en étant de plus en plus impuissante et fatiguée. Impuissante, résignée à accomplir son devoir qui lui interdisait de confier son enfant à un centre spécialisé; elle commet alors l’impensable, après tout ce temps. C’est terrible ! Un médecin qui passait une fois par mois, n’a rien vu venir, n’a pas senti le désarroi de cette maman, qui même voilé devait suinter.
Il devrait exister une « commission d’évaluation d’aptitude » demandé par le médecin, qui serait basée sur l’âge, les ressources et surtout la gravité de l’handicap du tiers à pouvoir être assumé par le(s) parent(s) où les proches. Comment peut on laisser un tel drame survenir. Son geste « libérateur» doit être malgré tout, la poursuite de son chemin croix. Une femme qui a nié sa vie par amour et devoir, se voit contrainte par l’épuisement, de tuer son enfant handicapé. Mais les aides et l’attention que l’on doit porter à ces gens pour éviter ce genre de drame, où sont elles ? Une bien triste réalité pour un pays qui se veut social et attentif à la souffrance.