Mahmoud Abbas..."Ce qui se passe à Gaza est plus qu'un holocauste
Pendant que Gaza se meurt, la Communauté internationale regarde ailleurs. Elle refuse de voir, d’entendre, elle se tait devant l’ampleur des crimes commis par Israël contre le peuple palestinien. Qui ne dit mot consent. La Communauté internationale est donc complice de ce drame et de ces crimes. Mahmoud Abbas lance ici un cri d’alarme face à la situation qui ne cesse de s’aggraver dans la bande de Gaza et en Cisjordanie où 36 incursions ont eu lieu en quelques jours. Abbas a été dupé à Annapolis. C'était couru d’avance. Aujourd’hui, que lui reste-t-il d'espoir ? La construction du mur continue, les ordres de saisie de terre se poursuivent, les constructions des colons ont repris, des maisons palestiniennes sont encore écrasées par les chars sous de faux prétextes, les raids aériens s’intensifient, les blindés sont de retour dans les rues, les exécutions extrajudiciaires se réitèrent, les morts d’innocents se multiplient. Pour un échec, c'est un échec dramatique de consensus de paix mais tellement prévisible.
L’armée israélienne a tué depuis mercredi plus d'une centaine de Palestiniens ; des innocents, des vieillards, des femmes et des enfants dont l’un n’avait que 6 mois. "Officiellement" ces assassinats sont en représailles aux tirs de croquettes artisanales lancés par les Palestiniens. Officieusement, la raison est tout autre. L'extermination continue.
Alors que Paris s’apprête à recevoir le dix mars en visite d’Etat, en ami, le président israélien Shimon Peres dont le gouvernement criminel prone l'escalade de la violence envers les Palestiniens, que tous se mobilise pour libérer Ingrid Betancourt, majeure consentante devenue ensuite l’otage des Farc, pendant ce même temps les Palestiniens eux continuent d’être massacrés humiliés spoliés et de crever sous l’œil indifférent de la France et des autres grandes puissances. Dans l’échelle des valeurs humaines et démocratiques, Ingrid Betancourt, vaut 10 000 fois plus qu’un peuple tout entier. La fibre humanitaire exsude donc simplement du corps de nos politiques de droite, comme de gauche d'ailleurs, que quand cela les arrange.
Mais… où est donc Kouchner ? Et Rama Yade, au lieu de participer et de créer des polémiques, ne pourrait-elle pas se fendre d’une déclaration de soutien aux Palestiniens ? Juste une.
A l’heure où l’on veut donner à porter à nos enfants, le deuil d’un enfant de la Shoah, mort, il y a plus de 60 ans, que représente pour eux le petit palestinien tué aujourd’hui par le racisme israélien sous les tirs de Tsahal ? Et bien rien.
L’histoire se répète. Les victimes d’hier deviennent les bourreaux d’aujourd’hui avec la complicité onusienne et l'assentiment des pays riches.
A l’heure ou dans les théâtres richement décorés, César et Oscars sont décernés dans des volées de gerbes emphatiques, que la prose dithyrambique outrancière à vomir à l’égard d’un simple mortel chanteur ou comédien érige et sacralise le commun des mortels en un dieu, à la même heure, en Palestine, les éloges funèbres couvrent le chant des oiseaux, l’affliction d’un peuple tout entier déchire sa chair, l’indifférence du monde foudroie ses espoirs tout en le poussant, non sans un certain plaisir, vers l’enfer.
Et pendant ce même temps, l’opinion internationale occidentale "dite supérieure" zappe ce drame qui se joue en direct. Les thaumaturges de pacotille de la téléréalité et des prime times, avec leurs inconnus illettrés et leurs vedettes affétées ou béotiennes, enterrent le peu prise de conscience morale qui restait à leurs téléspectateurs extatiques.
Toujours pendant ce même temps, nos dirigeants démocratiques donneurs de leçons, baissent leurs lourdes paupières de peur d’entrevoir seulement l’horreur en voulant s’exempter de toutes responsabilités. Mais ils n’en restent pas moins complices et coupables. Fermer les yeux n’a jamais été une action absolutoire ni de rémittence des péchés, elle ne retire en rien la culpabilité qui leur sera décernée le jour où ils seront nommés.
A l’heure, où Ban ki-moon se fend de la traditionnelle admonition à l’égard d’Israël, tout en justifiant son droit à se défendre, en même temps, en Palestine, les chars et les raids aériens sèment la mort dans une hyperproduction digne d’Hollywood. Il faut dire que le scénario israélien remporte un vif succès sur la scène internationale. Les producteurs bellicistes et criminels hébreux devant leur série qui reste au box office depuis 60 ans, ne se privent pas de réaliser encore et encore la suite de cette tragédie contemporaine jusqu’à l’holocauste final qui sera, pour une fois, certainement ovationné mezza voce.